Jeunesse tourmentée - Chapitre 9

Publié le par Naishou



« J’ai bien envie de rester encore au lit… »

Nathan ouvrit les yeux à contrecœur, préférant plutôt rester au lit que de se lever et d’affronter cette journée au temps toujours maussade. Il ramena les draps sur lui, la seule source de chaleur pour son corps nu et endolori. Il n’osait pas regarder le réveil, de peur que celui-ci ne l’oblige à se lever et à rentrer chez lui. Alors Nathan se tourna légèrement pour constater que la place occupée quelques heures plus tôt par Clément était vide, et ce depuis un moment, car elle était froide. Il enfouit sa tête dans les oreillers, cherchant par n’importe quel moyen un signe de la présence de son amant. Il entendit un bruit de verres qui s’entrechoquent et releva la tête pour voir entrer Clément avec un plateau couvert de biscottes, de beurre, de confiture et de jus de fruits. Le jeune homme lui sourit en voyant qu’il était réveillé, répondant ainsi au sourire de Nathan qui était très satisfait par cette vision matinale.

« J’ai même le droit au petit déjeuner au lit ? »

Clément s’assit délicatement à côté de lui, posa le plateau un peu à l’écart en prenant bien garde de ne rien renverser, et ajouta :

« Je pensais que tu allais avoir du mal à te lever… »

Comme pour confirmer ses dires, Nathan esquissa une grimace au moment où il s’assit. Il dit difficilement :

« Merci. »

Clément sourit de plus belle et lui tendit un verre de jus d’orange. Nathan le prit, effleurant ses doigts au passage ce qui leur valut tout deux un frisson, et le but d’une traite avant de le reposer sur le plateau. Il saisit ensuite le poignet de Clément et le tira à lui pour l’embrasser tendrement et plonger ses yeux dans les siens.

« Voilà. C’est comme ça qu’une journée devrait commencer. »

Il relâcha Clément qui ne souriait plus. Étonné par ce changement de comportement, Nathan lui demanda en fronçant les sourcils :

« Y a un problème ? »

Clément hésita puis :

« Non… enfin pas vraiment… c’est juste que… je vais devoir rentrer.

- Maintenant ? »

Clément acquiesça. Nathan qui était plus qu’étonné, chercha à se rapprocher de lui et continua :

« Mais… Je comprends pas. On pourrait en profiter, rester là toute la journée jusqu’à ce que le temps s’améliore. Au moins ça. Ton père ne…

- Il est resté seul avec eux. Lucie a du s’occuper des petits sans aucune aide. Et ce n’est pas son rôle. Elle a besoin de moi. »

Un silence s’installa entre les deux jeunes hommes, un silence plein de gêne, mais aussi de colère contenue. Nathan savait que son compagnon avait raison, mais il ne voulait pas le voir s’en aller. Il le voulait pour lui. Pour lui seul.

« Mais… reprit Clément. Ça ne veut pas dire que je ne reviendrais pas. On a la maison pour nous pendant encore un peu plus d’une semaine. Il faut qu’on en profite, pas vrai ? Puis on doit toujours aller jeter un œil au fond du jardin, non ? »

Clément ne savait pas comment faire pour que Nathan ne se renfrogne pas. Il savait que sa décision de partir pouvait sembler hypocrite, mais il savait aussi qu’il s’agissait d’une bonne décision, mûrement réfléchie. Mal à l’aise, il fut soulagé de voir Nathan acquiescer et lui sourire.

« Alors je t’attendrai ici. Je rentrerai chez moi tous les soirs, mais je serai là dès le début de l’après-midi. Si je vois que tu n’es pas là à seize heures… je partirai.

- D’accord. »

Nathan regarda Clément se lever avec un serrement au cœur. Dans un sursaut, il eut juste le temps de lui attraper le poignet, manquant de renverser le plateau qui suivit le mouvement des draps, et dit :

« Tu dois me dire au revoir correctement. »

Clément sourit et vint se pencher sur Nathan pour l’embrasser. Ce fut tendre, rapide. Pas du tout au goût de Nathan qui regarda Clément s’éloigner en sentant son cœur se serrer encore plus. Aucun d’eux ne savait ce qui les attendait hors de ces murs.

ooOOoo

« Quel con… »

Trempé jusqu’aux os, Clément finit néanmoins par arriver chez lui. En partant de chez Phil, il n’avait pas pensé à chercher un parapluie pour se protéger un minimum de l’averse. Ses vêtements lui collaient donc à la peau, et ses chaussures s’étaient transformées en piscines particulières pour pieds. Mais il essayait d’ignorer tout ça, comme il tentait en vain d’éloigner toutes ces pensées qui le ramenaient indubitablement vers la maison de Phil, vers cette chambre où Nathan devait encore se trouver et le haïr plus que tout. Clément se mit à courir pour atteindre le porche de sa maison, pensant ainsi faire le vide dans son esprit, mais tout ce qu’il réussit à faire fut de manquer de tomber en passant les trois marches qui le séparaient de la porte d’entrée. Cette dernière s’ouvrit à la volée, et sans que Clément ne puisse voir ce qu’il se passait, sa tête entra en collision avec une douce serviette chaude.

« Tu es prié de ne pas salir les sols ! Enlève au moins tes chaussures et attends dans le couloir que je t’apporte d’autres serviettes et des vêtements ! »

Si Clément fut surpris par le ton de cette voix féminine, il le fut encore plus en ne reconnaissant pas la voix de sa sœur. Il retira rapidement la serviette de son visage et regarda tout autour de lui mais il n’y avait personne. Il se traita d’imbécile et de fou et se déchaussa avant d’entrer à l’intérieur et de se tenir debout sur une serviette posée au sol. Là, il frotta vivement ses cheveux et commença à se déshabiller, commençant par son blouson, son pull et son marcel, et entrepris de déboutonner son pantalon.

« Va pas trop vite Apollon… »

Clément sursauta. Effectivement, il ne s’agissait pas de sa sœur. Chloé lui faisait face, un grand sourire aux lèvres, supportant deux grandes serviettes dans ses bras. Clément resta figé sur place, ses mains sur le point de baisser son pantalon. Chloé se moqua ouvertement de lui :

« T’as l’air malin comme ça ! »

Clément lui arracha l’une des serviettes qu’il enroula autour de sa taille.

« Pas la peine de te cacher, j’en ai vu d’autres tu sais… »

Voyant que Clément se mettait à rougir, Chloé lui lança l’autre serviette. Clément l’attrapa au vol et demanda :

« Qu’est-ce que tu fais ici ?

- Ta sœur m’a demandé de garder les petits. Même avec ce temps, elle est obligée d’aller travailler tu sais… »

Clément aurait voulu se mettre des claques tellement il se trouvait bête. Par sa faute, lui l’égoïste, sa sœur avait du demander à quelqu’un de venir garder les enfants. Et il avait fallu que cela tombe sur la sœur de la petite-amie de son amant… Que la vie était bien faite…

« Tu as vu mon père ? demanda-t-il.

- Non. Il est parti avant que je n’arrive. Ta sœur m’a dit qu’il avait encore du travail… des visites je crois. »

Clément acquiesça tout en remontant la serviette au tour de ses hanches qui ne cessait de descendre.

« Et si tu allais te changer ? proposa Chloé.

- Où sont Corentin et Alice ?

- Dans leur chambre. Ils dessinent. Va te changer Clément. Je m’occupe d’eux. »

Clément ramassa ses affaires et tout en essayant de ne pas salir les sols, il monta dans sa chambre pour prendre des vêtements secs et alla dans la salle de bains afin de prendre une douche bien chaude. Il essaya de faire cela rapidement, d’une part parce qu’il ne voulait pas laisser Chloé seule, et d’autre part parce qu’il ne voulait pas que ses pensées ne s’égarent trop. Nathan était beaucoup trop présent dans son esprit, sur sa peau… Non pas qu’il voulait l’effacer, mais lui résister, ne pas succomber trop facilement, et prendre ainsi des risques inutiles. Il se sécha, s’habilla et rejoignit Chloé et les enfants dans la chambre. Chloé était en train de leur apprendre à fabriquer un verre en papier.

« Tu t’occupes déjà de ma mère, et il faut en plus que tu t’occupes de mon petit frère et de ma petite sœur… »

Chloé sursauta pour ne pas avoir senti sa présence, mais la surprise passée, elle lui sourit et se mit à rire :

« J’aime bien faire ça. Corentin et Alice sont adorables, très calmes. Tu peux pas savoir à quel point ça me repose de les garder eux plutôt que des enfants braillards ! »

Clément esquissa un sourire. Effectivement, de ce côté-la, il n’avait pas à se plaindre. Mais il y avait malheureusement une raison pour que ces petits soient si calmes, voire effacés. L’absence d’une mère aimante à cet âge pouvait causer bien des soucis. Voir Chloé dessiner avec les petits ramenait Clément des années en arrière, alors qu’il n’avait pas plus de six ans. Sa mère prenait toujours le temps de s’amuser avec lui, de dessiner tout ce que son aîné lui réclamait, même si ce n’était jamais très ressemblant. Les fous rires ne manquaient jamais à cette époque, comme si tout était simple, une atmosphère conviviale et aimante régnait dans la demeure.

« Qu’est-ce qui t’arrive, Apollon ? »

Clément inspira longuement, ses yeux s’étaient embués, sa gorge s’était serrée… Il déglutit et dit :

« Rien. Tu ne devrais pas rester mon… »

Clément fut arrêté par un bruit de voiture venant de l’avant de la maison. Un pot d’échappement bruyant lui annonçait le retour de on père. Il fit rapidement sortir Chloé de la chambre, et après avoir récupéré ses affaires, il la fit sortir par l’arrière de la maison, désolé de devoir la faire sortir de cette façon, sous cette pluie battante, mais lui promettant de se faire pardonner. Chloé, son sourire éternel éblouissant son visage, lui dit qu’elle comprenait parfaitement et sortit en courant. La porte principale claqua à cet instant précis, et Clément se dirigea vers le hall d’entrée. Son père le vit, et tout en retirant son imperméable, il lui demanda :

« Où t’étais ? »

Clément fut étonné par cette question, mais pas par le ton sec de son père.

« Chez Nathan. J’ai téléphoné. »

Son père le fixa mais ne dit rien, se débarrassant de ses vêtements dégoulinants afin de monter à l’étage. Clément entendit la porte de sa chambre se refermer avec violence puis il ramassa les affaires de son père pour les mettre à sécher. Il regarda l’heure affichée dans le hall d’entrée et soupira. Il n’était que onze heures du matin, il devrait donc supporter son père seul, jusqu’à ce que sa sœur revienne de la boulangerie dans une heure. Il sentait qu’il allait passer une journée éprouvante.

ooOOoo

« Putain c’est pas possible d’avoir aussi mal au… »

Nathan avait hésité plusieurs heures avant de se décider à rentrer chez lui. Il avait bien pris des médicaments trouvés dans la pharmacie de Phil, mais il avait toujours aussi mal et cela l’obligeait à marcher droit comme un piquet. Lorsqu’il était enfin parvenu chez lui, il avait eu de la chance que ses parents et son frère ne soient pas là pour lui poser des questions, et était monté directement dans la salle de bain pour se débarrasser de ses vêtements dégoulinants. Après une bonne douche chaude, il s’était dirigé vers sa chambre où il s’était assis avec difficulté à son bureau. Il avait su, au moment où il avait couché avec Clément, que son geste brusque allait lui coûter. Mais pas autant. Néanmoins, il y avait pris du plaisir, et son ami aussi.

À cette pensée, Nathan n’eut qu’une envie : retourner chez Phil, dans l’espoir que Clément y soit. Mais il connaissait trop le jeune homme pour savoir qu’il ne s’y trouverait pas et qu’il devait plutôt être chez lui, à s’occuper de ses frères et sœurs. Ce n’était pas parce qu’ils avaient couché ensemble que Clément allait oublier ses responsabilités… Nathan entendit la porte d’entrée claquer, puis après avoir eu l’impression qu’un troupeau de buffles montaient l’escalier, il comprit que Xavier était rentré. Il n’y prêta pas plus d’attentions et ouvrit l’un de ses livres de cours afin de réviser. Il n’oubliait pas sa promesse envers son principal : il était toujours sur la corde raide. De plus, réviser correctement lui permettrait d’oublier Clément et leur nuit pendant un temps.

Alors qu’il prenait des notes sur une fiche bristol, son frère entra dans sa chambre, sans frapper, comme d’habitude. Xavier avait pris le temps de se sécher et de se changer, et ses cheveux ébouriffés montraient bien qu’il s’était dépêché. Nathan remarqua une lueur étrange dans le regard de son frère, comme si celui-ci était inquiet, mais cela ne l’empêcha pas de lui jeter un regard noir :

« Tu peux pas frapper avant d’en…

- Je viens de croiser le père de Clément. »

Xavier prit une inspiration et son regard changea, se faisant plus froid.

« Il nous remercie pour cette nuit. »

Les deux frères se fixèrent longuement, puis Nathan demanda :

« Qu’est-ce que tu lui as dit ?

- Je ne lui ai pas dit, en tout cas, que son fils n’avait pas dormi chez nous. »

Xavier croisa les bras et regarda Nathan en plissant les yeux, et ce dernier ne put s’empêcher de penser qu’ainsi, son frère ressemblait énormément à leur père quand il voulait les rabrouer.

« Je veux bien me la fermer sur cette nuit… Mais je veux savoir où vous étiez. »

Nathan regarda de nouveau son livre et ses fiches :

« Franchement, je vois pas pourquoi je te le dirai… »

Xavier n’hésita qu’un court instant :

« Parce que j’en ai marre de tes conneries. »

Nathan se leva, dominant son petit frère par la taille et par les muscles, et demanda, menaçant :

« Pardon ?

- Imagine si le père de Clément avait croisé nos parents !T’en as pas marre de toujours poser des problèmes ? Tu crois pas que les parents en ont assez comme ça, sans que tu viennes en rajouter ? Tu crois qu’ils n’ont que ça à faire : réparer tes erreurs ? Eux aussi ils ont leurs problèmes, mais ça tu t’en fiches, n’est-ce pas ? Ah mais bien sûr, tu ne t’occupes pas de ce qui se passe à la maison. T’es trop occupé par ton nombril, par ton copain et vos sorties je sais pas trop où…

- Tu…

- Tu me laisses finir ! Je m’en fous de ce que vous faites, tant que ça n’a aucune répercussion sur les parents. Alors ne fais pas de conneries, c’est clair ? »

Xavier marqua une courte pause alors que Nathan restait bouche bée face à lui. Il soupira et dit, presque à contrecœur :

« Sinon, je suis sûr que tu ne voudrais pas que les parents apprennent certaines choses… qui concernent notamment un accord entre toi et le principal. »

Nathan se rapprocha encore plus de son frère :

« De quoi tu parles ?

- T’es pas le seul à bien parler avec la secrétaire. Malheureusement pour toi, elle est très bavarde. »

Xavier tourna le dos à son frère, pas du tout impressionné par le rugbyman, et claqua la porte après être sorti. Nathan se rassit sur la chaise bleue devant son bureau, et tout en secouant sa tête qu’il tenait entre ses mains, il pensait à ce que son frère venait de lui dire. Il le haïssait réellement, ce sale gamin qui venait toujours s’immiscer dans ses affaires. Il avait eu l’impression face au ton qu’avait employé Xavier, qu’il n’était qu’un déchet à ses yeux, un délinquant juvénile qui traînait dans les rues à la recherche de la moindre connerie à faire. S’il l’avait pu, Nathan lui aurait enfoncé la tête dans les épaules… Comment cet abruti pouvait-il se permettre de lui donner des leçons ? Pourquoi lui serait-il au courant de choses dont Nathan ignorerait tout, mais qui concernaient néanmoins leur famille ?

Nathan se leva de sa chaise et commença à faire les cent pas dans sa petite chambre. Une envie folle de tout casser se présenta à lui, mais il se retint. Sous la colère, il donna de violents coups de poings dans le mur qui les étouffa, mais qui lui causèrent quelques dégâts. Il alla dans la salle de bains passer sa main sous l’eau. Son frère lui avait donné l’impression que cette nuit passée avec Clément était quelque chose de mal. Alors qu’en serait-il si Xavier savait ce qui s’était réellement passé ?

ooOOoo

« Intéressant comme bouquin… »

Clément reposa La Lettre écarlate de Hawthorne, sur une petite tablette du salon et s’imagina très bien affublé de cette fameuse lettre par les habitants de son village. Il reprit vite ses esprits et rejeta toute pensée noire pour s’occuper plus attentivement de Corentin et d’Alice. Le plus jeune regardait la télévision, alors qu’Alice dessinait, du mieux qu’elle pouvait, une petite souris verte pour illustrer la chanson qu’elle avait apprise à l’école avant les vacances. Clément la félicita lorsqu’elle lui montra son œuvre, sa souris ressemblant plutôt à un cochon.

La petite fille fut ravie que le dessin plaise à son grand frère, et elle retourna l’embellir avec des petites fleurs. Clément se sentait bien ainsi, aux côtés de son petit frère et de sa petite sœur. Il chérissait ces instants rares où ils étaient ensemble, se disant qu’il avait vraiment de la chance, et que pour rien au monde il ne voudrait voir s’éloigner Corentin, Alice ou Lucie. Ils étaient tout pour lui, une famille unie, mais sans véritables parents.

« Corentin, éloigne-toi de la télé. »

Le dernier de la famille tourna ses yeux bleu-gris vers Clément et vint s’asseoir à côté de lui, se hissant sur le haut canapé sans l’aide de quiconque. Petit pour son âge, Corentin n’en était pas moins vif et malicieux, mais toujours silencieux, peu ouvert à ses petits camarades. Il était comme Clément à son âge, avait dit l’ancienne institutrice à celui-ci. Il lui manquait uniquement un ami comme Nathan qui le suivait partout pour s’ouvrir aux autres.

Cette pensée ramena Clément vers la maison de Phil, qu’il avait quittée depuis quatre jours maintenant. Il imaginait très bien Nathan en train de l’attendre, assis lui aussi dans le salon devant la télévision. Seul. Que pouvait-il faire ? À quoi pensait-il ? Lui en voulait-il ? Clément avait envie de le rejoindre, mais il s’en empêchait, sans réellement savoir pourquoi. Il regarda l’horloge. Il était neuf heures passées, Nathan ne serait donc pas encore chez Phil.

Une porte s’ouvrit à l’étage, et des bruits de pas dans les escaliers se firent entendre. Son père avait été malade à la suite des intempéries. Un bon rhume qui l’avait cloué au lit dont il ne sortait que rarement, au grand soulagement de Clément et de Lucie. Celle-ci, en revanche, avait du faire une semaine à temps plein à la boulangerie afin de rapporter un peu plus d’argent au domicile. La gêne de Clément n’en avait été que renforcée, lui qui ne travaillait pas.

Les pas de son père se dirigèrent vers la cuisine où retentit ensuite la cafetière. Son père buvait toujours un café avant de commencer la journée, accompagné de biscottes ou de pain grillé. Clément essaya d’ignorer ce qui se passait là-bas pour revenir à la télévision qui diffusait des dessins-animés dont son frère raffolait : Bob l’éponge entre autres, que Clément trouvait totalement idiot, voire incorrect.

Soudain, son père déboula dans le salon, deux cuillères à café dans les mains. Clément sut alors qu’il allait passer un mauvais moment :

« C’est quoi ça, hein ? dit son père. T’es même pas capable de laver deux cuillères ? »

Le son de sa voix allait en s’accentuant, mais il ne bougeait pas, brandissant toujours les couverts sales de pâte à tartiner. Son visage était rouge de colère et de fièvre, ses yeux injectés de sang : un visage terrifiant et menaçant. Clément, assis droit comme un piquet, n’osait répondre, de peur que les choses n’empirent. Comme toujours, il se murait dans le silence pendant que son père le rabaissait plus bas que terre. Corentin et Alice, eux, regardaient leur père avec effroi, celui-ci ne semblant même pas avoir conscience de leur présence :

« Je me demande franchement à quoi tu sers ! T’es qu’un incapable, tu fous rien ici, c’est ta sœur ou moi qui faisons tout ! Et encore, quand ta sœur passe pas son temps à flemmarder chez ce vieux con de boulanger ! C’est moi qui me tue à la tâche pour vous permettre de vivre, pour vous donner à manger ! Et comment on me remercie ? En se prélassant sur le canapé ! Ah mais c’est vrai, moi j’ai pas fait des études, moi j’ai pas eu à passer mon bac ! J’avais pas mon père derrière moi ! Mais les choses vont changer mon gars, c’est moi qui te le dis… »
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Fin d'un chapitre dont je ne suis pas franchement fière...
J'espère néanmoins qu'il vous aura plu^^
La suite n'est même pas commencée sur mon pc, donc je ne peux rien vous dire en ce qui concerne sa "publication", désolée.
Comme je l'ai dit dans mon précédent post, je prends deux jours de vacances, et je risque d'être ensuite pas mal prise... J'essayerais tout de même de vous poster un petit quelque chose...
Merci à toutes les personnes qui viennent sur ce blog et suivent cette histoire et/ou les autres : voir que des gens viennent lire ce petit blog me fait vraiment plaisir, encore plus en ce moment :D
Si je ne vous "revois" pas d'ici là, bonne fin de vacances à tous (eh oui, déjà) - du moins à ceux qui rentrent début septembre - et bon courage.
Bises
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P
pov' clement !!
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N
<br /> Oui, il n'a pas de chance<br /> <br /> <br />
S
maaaaa quelqu'il à à gueuler comme ça le père??? En tout cas ce petit couple est trop mignon
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N
<br /> bah le père est juste un peu..... enfin je pense que tu auras compris lol<br /> Le couple est certes, bien mignon.... Dommage^^<br /> <br /> <br />
L
Oh non ca avè si bien comenC ds la tourmente. Jaime bien la fic ou du moins l'exhalation des sentiments mais je deteste lè pères violents. C mon seul reproch sinon continues sur ta lancée
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N
<br /> Merci beaucoup^^<br /> Malheureusement, c'est justement cette violence là que je voulais exploiter, alors autant dire que j'en ai pas fini avec le père de Clément... Dsl<br /> <br /> <br />
S
eh ben voilà, on ne sait même pas ce qu'il y'a dans le jardin et toi tu veux nous abendonner ?<br /> <br /> Bon ça change pas j'aime pas l'amie de la copine de Nathan. <br /> Je comprend pas pourquoi clément prend ses distance envers Nathan.<br /> Par contre maintenant, je comprend pourquoi ça ne va pas entre Nathan et Xavier. Et après ça Xavier va aller pleuré et ce pleindre qu'il ne s'entend pas avec son grand frère -_-<br /> J'espère que Nathan ne va pas s'éloigné lui aussi de son amant à cause de ce qu'a dit son frère.<br /> <br /> J'ai hâte d'en apprendre plus sur la famille de Clément, je me pose beaucoups de question sur son père.<br /> <br /> J'ai hâte de lire la suite !!!!! Ne nous abendonne pas :'(
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N
<br /> Promis je ne vous abandonne pas, lol<br /> Y a de sérieux problèmes entre tous ces personnages, ne ? Tu sauras au prochain chapitre ce qu'il y a au fond du jardin (et c'est pas une cabane, contrairement à ce qu'un imbécile a pu me<br /> sortir -__-) et tu verras enfin le retour d'un personnage... Les relations vont elles aussi évoluer^^<br /> Je ferai tout pour vous donner une suite correcte, juré !<br /> Bisous<br /> <br /> <br />
H
Waouh, mais quel gros con le père de Clément, faudrai peut-etre qu'il prenne des anxyolitique et du prozak le pèpère, peut etre qu'il serait moins stréssé, et surtout moins stressant pour ces enfants ! XD<br /> J'ai hâte de lire le prochain chapitre en tout cas !
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N
<br /> Ah ça, c'est clair qu'il devrait en prendre des calmants... lol<br /> Tu verras qu'il peut être pire, j'ai pas fini d'exploiter son personnage^^<br /> Le prochain chapitre en septembre (juste une petite semaine à attendre....)<br /> Bisous !<br /> <br /> <br />