Vêtu uniquement d’un pantalon de toile beige coupé au niveau des genoux, Iwan suivait Rain en silence. Tôt, beaucoup trop tôt, Rain l’avait réveillé pour l’entraîner dans de sombres couloirs. Iwan n’avait eu qu’un seul jour pour se reposer et se remettre de sa guérison plutôt… rapide et brutale, et bien qu’il ne le montrât pas, il était fatigué et n’aurait pas refusé de dormir une heure de plus. Mais il savait qu’il n’avait pas le choix et qu’il devait rester ici, à faire ce qu’on lui disait. Dehors, rien ni personne ne l’attendait. Certes, il aurait très bien pu sortir, s’enfuir. Il aurait repris son train de vie passé, en volant pour survivre, en acceptant des contrats de gens puissants et riches… Il leva le regard vers le dos de Rain qui venait de s’arrêter devant un pan de mur. Quelque chose de fort et d’étrange émanait de lui, quelque chose de terrifiant.
Oui, si Iwan tentait de s’enfuir, il était fort possible que Rain le retrouve.
Alors pour l’instant, il resterait ici. Rain devait le former ? Lui apprendre à se battre ? Très bien. Cela ne pourrait que lui servir à l’avenir. Mais il allait devoir faire avec un élève plus que difficile. Iwan n’était pas du genre à obéir comme un gentil petit chien.
Le pan de mur devant lequel ils s’étaient arrêtés glissa sur le côté pour laisser place à un couloir aussi sombre que les autres dans lequel Rain s’engagea en silence. Au fur et à mesure qu’ils avançaient, les flambeaux suspendus aux murs s’allumaient sous le regard surpris mais inquiet d’Iwan. Le couloir déboucha sur une salle carrée dont l’un des murs, opposé à la sortie, était habillé des armoiries du Roi – une branche d’olivier entourant la lame d’une épée – ainsi que d’une dizaine d’armes différentes. Une salle d’entraînement située dans les souterrains secrets du Palais, réservée uniquement à Rain… et désormais à Iwan.
Ils passèrent dans la salle, et Rain lui ordonna de se déchausser avant de marcher sur les tapis. Lui-même ne dérogea pas à cet ordre et retira ses chaussures qu’il posa près d’une chaise située non loin d’un petit placard en cerisier et d’un guéridon en bois brut sur lequel reposaient une bouteille de bourbon et un verre en cristal. Il rejoignit ensuite Iwan sur les tapis pour le tirer de sa contemplation de la salle :
« Réveille-toi ! Tu n’es pas ici pour lambiner ! »
Iwan redressa le menton et serra les dents. La séance commençait mal.
« Avant de commencer un véritable entraînement, je voulais voir de quoi tu étais capable. On va donc faire très simple : essaye de m’attaquer.
- Et si je vous blesse ? »
Rain lui sourit :
« Il faudra d’abord que tu me touches… »
Iwan sourit à son tour. Il savait se battre, tuer des gens faisait partie de son ancien travail. Et il allait montrer avec plaisir à cet homme de quoi il était capable. Il ferma les yeux, se concentrant sur lui-même. Certes, il allait donner tout ce qu’il avait, mais il devait s’assurer que certaines choses resteraient à leur place, au plus profond de lui. Il prit une profonde respiration, et s’assura qu’il garderait le contrôle de lui-même, puis, il ouvrit les yeux et se mit en position. Face à lui, Rain ne bougea pas. Il s’élança donc, mais sans comprendre pourquoi ni comment, il se retrouva au sol, avec une forte douleur à l’estomac.
« C’est tout ? »
Il fusilla Rain du regard et se releva d’un bond, ignorant du mieux qu’il put la douleur. Il brandit son poing, mais à chaque fois, Rain l’arrêtait d’une poigne beaucoup plus puissante et ferme. Tous ses coups furent ainsi déjoués, le faisant enrager.
« Non, je dois me calmer… respirer à fond… doucement… »
Soudain, Rain, plutôt que de rester sur la défensive, profita de la déconcentration d’Iwan pour lui asséner un coup de poing violent au visage. Son apprenti se retrouva au sol, sonné, non par la force du coup, mais par la surprise. Rain lui tourna le dos, sortit de la limite fixée par les tapis, et se servit un verre de bourbon avant de s’asseoir sur l’unique chaise de la pièce. Il regardait Iwan avec son éternel visage neutre. Iwan porta une main à son nez et grimaça. Il avait mal, mais fort heureusement, son nez n’était pas cassé. Il se mit à saigner, mais rejeta la douleur afin de ne pas nourrir ce grondement au fond de lui.
« Pourquoi vous avez fait ça ? » dit-il sèchement.
Rain se leva, et pour toute réponse, il le frappa à nouveau, provoquant un cri de douleur horrible chez son élève. Ce dernier voulait se relever, mais cette fois, il avait trop mal. Il sentit Rain s’approcher de lui et le vit s’accroupir.
« Le tuer… Faire couler son sang… Arracher sa tête… Se nourrir de sa souffrance… »
Iwan ferma les yeux et entreprit de contrôler sa respiration. Il ne devait pas s’emporter.
« J’ai fait ça, parce que tu n’étais pas assez concentré. Du moins, pas sur ce combat. Je ne sais pas à quoi tu pensais, mais… »
Rain s’arrêta brusquement. Un bourdonnement parvint à ses oreilles. Alors, aussi rapidement qu’il le put, il fit le vide dans son esprit et libéra un passage à ces voix que lui seul entendait, sans pour autant se livrer entièrement à elles. Il savait qu’il ne devait pas se fier à leur douceur, ou à leur bienveillance affichée. Si vous les laissiez vous transporter, si vous les écoutiez trop attentivement, alors vous deveniez leur esclave. Il écouta les quelques mots qu’elles avaient à lui adresser, puis ce fut le silence, comme s’il n’y avait que du vide autour de lui. Il ne sut pas combien de temps cela avait duré, mais il se dépêcha de reprendre contenance. Iwan, face à lui, haussait les sourcils, mais sa colère était toujours lisible sur ses traits. Rain termina sa phrase comme si de rien n’était :
« Mais tu n’étais pas assez concentré… sur ce qui t’entoure.
- Parce que vous l’étiez, vous, à l’instant ?
- …
- Moi non plus je ne sais pas à quoi vous pensiez, mais ce qui est sûr, c’est que j’aurais pu vous rendre votre coup sans que vous compreniez ce qui vous arrive ! »
Rain se releva, but son verre d’une traite, et dit, en tournant le dos à Iwan :
« Tu n’es pas encore assez doué pour me toucher. »
Il n’en fallut pas plus à Iwan pour se lever et se décider à attaquer Rain. Mais celui-ci se battait depuis qu’il était tout jeune et connaissait des techniques de parade et d’attaque totalement inconnues de son jeune élève. Voilà pourquoi, dans un bruit de verre brisé, il évita facilement son coup et réussit à l’immobiliser rapidement. Tout en lui maintenant les bras croisés dans le dos, il approcha ses lèvres de l’oreille droite d’Iwan et lui murmura :
« Tu vois… Tu ne peux pas me toucher, et encore moins me battre… »
Il relâcha sa prise pour mieux voir la haine brûler dans les yeux d’Iwan qui se massa les bras.
« Soigne-moi ce nez. Tu trouveras le nécessaire dans le placard. Et nettoie les tapis. Je reviens.
- Qui vous dit que je ne vais pas en profiter pour essayer de m’enfuir ?
- Parce que tu sais très bien que je te retrouverai… et de toute façon, je ne pense pas que tu aies réussi à mémoriser le chemin pour sortir des souterrains… »
Rain lui tourna le dos, et assuré qu’il ne le suivait pas, il prit le chemin menant au bureau de Keith. Ce dernier ne le savait pas encore, mais son assassin venait à son aide.
ooOOoo
« Je ne peux pas faire ça, Mizu. »
Face-à-face, le Roi et la Reine venait d’avoir une longue conversation suite à la promenade de Mizu dans le centre-ville. Keith n’était pas en train de la brimer parce que, une fois de plus, elle avait quitté le Palais sans l’en informer, et encore pire, sans réelle escorte, non, il essayait plutôt de lui faire comprendre qu’il ne pouvait pas aider l’homme qu’elle avait vu se faire arrêter. Mais Mizu n’allait pas céder facilement. Voilà deux jours qu’elle avait vu cet homme innocent aux prises avec les soldats du Roi, et depuis, elle n’avait pu oublier son visage, de même que celui que les voix avaient désigné comme étant l’Ombre.
Elle était donc arrivée en trombe dans le bureau de son mari, et avait renvoyé ses généraux sans que Keith ait le droit à la parole. Cela ne lui avait pas plu, elle s’en doutait. Même si elle portait le titre de Reine, elle n’avait pas à donner d’ordres aux généraux, et encore moins à son époux. Néanmoins, ce dernier avait bien vu dans quel état elle se trouvait et avait accepté de la recevoir. Il le regrettait un peu désormais. Car Mizu ne se contenterait pas d’un simple « Je vais voir ce que je peux faire… ». Keith avait épousé une vraie tête de mule. Mais il n’avait pas eu le choix.
« Si cet homme a été accusé de meurtre, je ne vois pas ce que je peux faire. Sans preuve, je ne peux intervenir. Cette affaire relève des tribunaux.
- Mais tu es le Roi ! Fais quelque chose !
- Et que veux-tu que je fasse ?! »
Keith avait élevé la voix, ce qui ne ressemblait pas à l’homme qui avait pour réputation auprès de son peuple et de ses politiciens, de rester calme en toute situation. Mizu en resta muette, ne comprenant pas pourquoi son époux et Roi réagissait avec une telle violence. Son visage était crispé, ses poings étaient serrés.
« L’Ombre, Mizu, est une légende, reprit Keith avec plus de calme. En tant que Reine, tu ne peux croire à de telles chimères. Je comprends que tu veuilles protéger ton peuple, mais je pense sérieusement que cet homme est coupable de ce dont on l’accuse, et que, comme pour beaucoup, il cherche à se protéger en mentant. »
Mizu et Keith se regardèrent pendant quelques secondes sans rien dire, l’un sachant qu’il avait gagné, l’autre se jurant de ne pas en rester là. La jeune femme se leva de son fauteuil en faisant jouer les pans de sa robe en soie sauvage beige et dit, avant de quitter le bureau :
« Moi, je sais que cet homme existe et qu’il n’est pas qu’une légende. Et je te le prouverai.
- Tu n’es pas devenue Reine pour cela.
- Non. Mais étant donné que je ne partage pas ton lit, il faut bien que je serve à autre chose. »
Sur ces mots prononcés avec froideur, Mizu lui tourna le dos. Après qu’elle ait violemment claqué la porte, Keith se retrouva seul, se doutant que ses généraux devaient attendre dans le hall. Il n’alla pas les chercher immédiatement, car il avait besoin de réfléchir au calme. Il se leva pour se servir un verre de whisky, l’un des meilleurs remèdes pour apaiser sa colère. Il huma son verre au liquide plutôt clair, appréciant son odeur riche, boisée, puis en but une gorgée en fermant les yeux. Excellent.
Il sentit ce petit courant d’air frais familier, puis entendit la clé des portes principales tourner dans la serrure. Personne n’entrerait dans le bureau. Pas tant que son assassin n’en ait décidé autrement. Alors qu’il n’avait toujours pas ouvert les yeux, il sentit qu’on lui retirait son verre des mains. Un souffle chaud vint lui chatouiller la nuque, et il inspira profondément. Il se pencha légèrement en arrière et fut accueilli par le torse de Rain qui le soutint en lui tenant les bras. Il cala sa respiration sur la sienne et ouvrit les yeux. Tournant doucement la tête sur la droite, il toucha de sa joue le menton de Rain. L’assassin, impassible, ne bougea pas. Keith se retourna complètement pour lui faire face, et, par ce qui aurait pu être un accident, il frôla ses lèvres, mais Rain recula. Rien dans ce geste ne représentait un quelconque rejet, mais, même s’il n’en montra rien, Keith fut déçu.
« Que fais-tu ici ? demanda-t-il.
- J’avais l’impression que tu avais besoin de moi.
- Ton sixième sens ? se moqua Keith.
- En quelque sorte… Ou mon instinct protecteur. »
Rain alla vers le bureau de Keith et en fit le tour pour se mettre à la place de son Roi qui ne broncha pas. Il tira les lourds rideaux de velours afin d’empêcher la lumière du soleil d’entrer dans la pièce et les regards indiscrets de le voir, lui. Il regarda ensuite les documents qui jonchaient le meuble de travail, et y mit un semblant d’ordre alors que Keith se rapprochait, face à lui. Il lui raconta ce qui venait de se passer avec Mizu :
« Cette femme… Elle est bien trop curieuse et ne sait pas rester à sa place. Je me demande bien pourquoi j’ai accepté de l’épouser… »
Rain lui dit, impassible :
« Les mariages politiques ne laissent pas énormément de place au plaisir de choisir… Mais c’est une femme brillante, perspicace, et loin d’être dupe.
- Mais elle croit en ta légende.
- Son sixième sens, peut-être… » dit Rain avec un sourire en coin.
Il fit plusieurs piles de papiers et continua :
« Elle ne laissera pas tomber. Ce n’est pas parce que tu ne veux pas l’écouter qu’elle ne va pas me chercher.
- Qu’est-ce que je pouvais bien faire ? Personne ne doit apprendre ton existence. Je dois continuer à te faire passer pour une légende, et ce n’est pas facile, je ne te le cache pas. En tant que Roi, je me dois de nier ton existence, sinon, je serai forcé de donner mon aval pour lancer les patrouilles à tes trousses. Et ce n’est pas ce que nous voulons, n’est-ce pas ? »
Les deux hommes se jaugèrent un instant, puis Rain se laissa tomber dans le fauteuil de son souverain. Ils avaient eu cette conversation des centaines de fois et aboutissaient toujours au même résultat. Keith fit le tour du bureau et se plaça derrière Rain. Il posa ses mains sur ses épaules et reprit :
« Si je donnais l’ordre aux patrouilles de t’arrêter, tu ne pourrais plus sortir, et toi comme moi savons que ce n’est pas possible. Tu es incapable de rester enfermé. Mais si l’on venait à t’attraper, alors…
- Ils finiraient par faire le lien entre nous, termina Rain. Et le pire, serait qu’ils apprendraient qui je suis vraiment. Et ce ne serait bon ni pour toi, ni pour moi.
- Exactement. Et pour te cacher, nous devons mentir. Comme pour le meurtre du Duc de Lorn. »
Rain leva ses yeux noirs vers le visage sérieux de Keith :
« Tu as des nouvelles ?
- Comme il a été convenu, sa femme a été reconnue coupable : elle l’aurait tué par jalousie. Elle aurait soudoyé l’un des domestiques pour droguer son époux et sa maîtresse et aurait payé un assassin pour qu’il s’occupe du reste. Bien sûr, elle continue de clamer son innocence…
- Ce qui est normal, puisque je suis l’assassin. »
Keith prit le visage de Rain entre ses mains.
« Tu es mon assassin. C’est moi qui t’ais demandé de tuer cet homme.
- Ça ne change rien à ce que j’ai fait, Keith…
- Si. Tu l’as fait pour me protéger. Et moi, je veux te protéger comme tu le fais avec moi. »
Du bout des doigts, il caressa la joue de Rain, puis ses lèvres pâles tendues comme une offrande. Keith lui-même se les mordit jusqu’au sang, avant de se décider. Il se pencha doucement vers Rain, vers cet homme déjà torturé, pour l’apaiser d’un baiser. Ses lèvres étaient froides, mais avaient le goût du bourbon, alors que les siennes devaient avoir gardé des traces de whisky. Keith passa entre le bureau et le fauteuil, puis s’assit sur les genoux de Rain qui le laissa faire, à l’abandon. Il approfondit leur baiser, toujours avec tendresse, mais ses mains quittèrent le visage de l’Ombre pour caresser son torse à travers le tissu rêche. Un à un, il entreprit de défaire chaque bouton de la chemise en toile de Rain, puis passa ses mains sur sa peau pour lui procurer des frissons. Mais alors qu’il voulait aller plus loin dans leur étreinte, Rain s’empara de ses poignets et l’obligea à arrêter. Il le poussa sur le côté et se leva, laissant Keith seul sur le fauteuil.
Rain reboutonna sa chemise, puis passa une main devant ses yeux tout en soupirant. Ils avaient failli dépasser la limite, et cela le mettait hors de lui.
« Non… pas cette fois… »
Il posa les mains sur ses hanches et respira lentement pour évacuer sa tension. Il n’osait pas regarder Keith, dans son dos, qui devait afficher ouvertement son désappointement. Il fit quelques pas en avant, sans rien dire, puis actionna le mécanisme pour pouvoir entrer dans les passages secrets. Ce n’est que lorsque l’entrée fut totalement ouverte qu’il dit, prouvant ainsi qu’il avait entendu Mizu avant qu’elle ne parte :
« Tu dois donner un fils au royaume… »
ooOOoo
L’enfant joue avec un cheval de bois taillé grossièrement, l’imaginant galopant à travers des vallées merveilleuses. Sa mère lui jette de fréquents coups d’œil tout en préparant une soupe de potiron. Un feu brûle dans l’âtre, nécessaire par ce temps d’hiver. Dehors, des flocons tombent dru, cachant peu à peu les toits sombres tendus vers le ciel noir. Tout est calme au dehors : pas un bruit, pas un passant. La bâtisse semble isolée dans un cocon de douceur. L’enfant, du haut de ses quatre ans, se roule par terre sans tenir compte des réprimandes de sa mère.
On frappe à la porte.
La mère pose ses ustensiles et va ouvrir. Une personne dont le visage est caché entre et entreprend de fermer tous les rideaux. L’enfant la regarde avec curiosité, mais elle ne semble pas s’intéresser à lui. Ses gestes sont rapides, et les mots qu’elle prononce n’ont aucun sens pour un garçon de quatre ans. Soudain, elle pointe un doigt vers lui, mais sa mère vient rapidement le prendre dans ses bras.
On frappe à la porte.
Puis, tout se déroule rapidement. Sa mère fait sortir l’autre personne qui insiste pour rester, et une fois seule avec son fils, elle le cache dans un placard du couloir menant aux chambres, et lui dit, plus sévère que jamais :
« Ne bouge pas tu entends ? Ne dis pas un mot ! Quoiqu’il arrive, je veux que tu restes caché ! »
Elle le regarde une dernière fois, l’embrasse sur le front, et ferme la porte du placard à clé. Soudain, un bruit de bois cassé retentit dans toutes les pièces, puis des voix d’hommes se font entendre. L’enfant sait qu’il devrait partir, s’enfuir…Mais ce n’est pas ce qu’il veut. Il veut obéir à sa mère.
Il regarde par le trou de la serrure en se hissant sur ses pieds. Il entend les voix s’élever, puis des cris, des pleurs… Et rien. Plus rien. Le temps passe…et l’enfant a mal. De nouveau, des bruits de voix, d’objets qu’on fait tomber et d’autres bruits inconnus au milieu des cris d’hommes. L’enfant a peur. Il recule au fond du placard quand il perçoit le bruit d’une clé qu’on enfile dans la serrure. La porte s’ouvre sur une lumière éblouissante qui oblige le garçon à fermer les yeux. Il sent une main sur son épaule et son seul réflexe est de l’attraper et de la mordre jusqu’au sang. L’homme hurle, mais laisse sa place à une voix masculine beaucoup plus douce.
« Viens avec moi… Je vais t’aider. Je veillerai sur toi, je te le promets. »
L’enfant essuie ses lèvres et sors avec méfiance de sa cachette pour faire face à un jeune garçon d’une dizaine d’années, au sourire triste, tout de gris vêtu. Il regarde tout d’abord la main tendue vers lui, puis il est attiré par autre chose, en provenance du salon. Le bras de sa mère, ensanglanté, lui apparaît comme dans un cauchemar. Il sait sans vraiment le comprendre que sa mère est morte. Une douleur bien plus grande s’empare de sa poitrine, le forçant à se plier en deux. Ses petits poings se crispent, il montre les dents et hurle, d’un hurlement surhumain. Alors qu’il allait se jeter sur le jeune garçon, celui-ci lui porte un coup qui l’assomme.
« Désolé… Mais tu ne me laisses pas le choix… »
Rain émergea de son rêve avec difficulté. Il se leva de son lit, jeta un coup d’œil à Iwan qui dormait sur le sol nu dans un coin de la chambre et se dirigea vers la salle de bains où il trempa son visage pour se remettre de ses émotions. Il ne se rappelait que trop bien de cette période mouvementée de sa vie. L’assassinat de sa mère, son arrivée au Palais, et… son éducation. Mais depuis quelques temps, ses rêves se faisaient beaucoup plus fréquents, et il ne doutait pas que cela avait un rapport avec l’arrivée d’Iwan. Rain retourna se coucher, mais avant de fermer les yeux, il ne put s’empêcher de fixer son élève. Il avait toujours accordé une grande importance aux songes… Mais pour l’instant, il ne savait quelle leçon en tirer…
Dans son coin, Iwan n’avait pas perdu une miette de la scène.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Bonjour, Bonsoir,
Eh oui, je n'ai pas encore fini le chapitre de Tel est pris, mais je vous poste à la place ce chapitre, en espérant que vous aurez aimé. Je ne pense pas poster de nouveau chapitre avant un "moment", j'espère que vous ne m'en voudrez pas, mais d'autres affaires réclament mon attention en ce moment^^
Je vous embrasse, et vous remercie de continuer à passer sur ce pauvre blog.
A très bientôt !
Derniers Commentaires